Lumières Sauvages

FABIEN SALLES - PHOTOGRAPHE NATURE en MORVAN

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C’est en Normandie que j'ai vu la lumière pour la première fois, dans le Calvados, au pays de l’andouille, de la crème fraîche et du cidre... Comment ne pas devenir gourmand après un début pareil ?
Plus exactement dans le bocage virois, paysage aux prairies d’herbe grasse et au relief vallonné. Je dis ça pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds au nord de la Loire : ils pensent parfois que la Normandie c’est tout plat… Malheureux… ! Essayez de grimper à vélo depuis Tinchebray, mon pays d’enfance, la petite route qui mène jusqu’à Yvrandes, vos mollets s’en souviendront.

Gamin, j’étais souvent dehors mais pas encore passionné de nature, je pense que cette envie et cette sensibilité ont grandi avec le môme que j’étais, au fil de l’eau et des années qui passent :
Le long des petites rivières du bocage, quand j’essayais de taquiner la fario, mais où je passais plus de temps à démêler mon fil avec l’aide de mon père, heureusement très patient, qu’à remplir de truites frétillantes mon panier en osier...
Derrière la fenêtre du séjour, à regarder tomber la neige la nuit pendant des heures sur la grande rue, en espérant très fort qu’elle tiendrait jusqu’au matin, promesse d’une journée sans école. Cinq centimètres d’épaisseur, c’était l'espoir mais dix centimètres, c’était le bonheur !
Le long des sentiers de montagne aussi, que nous parcourions chaque été en famille. Pyrénées, Alpes, Massif central. Je me souviens de ces trajets de vacances, mes parents, frangines et frangins embarqués dans la simca 1100 : atteindre les grands sommets alpins depuis Tinchebray n’était pas chose facile et il fallait utiliser au mieux l’espace de la voiture pour transporter… sept personnes ! Alors les deux plus jeunes, Nico et moi, étions installés confortablement sur des tapis en mousse dans le coffre de la simca : à peine partis, l'aventure commençait déjà...

Mon premier appareil photo, je devais avoir 16 ans, était un vieil instamatic que l’on m’avait donné. C’était pas la rolls des appareils de l’époque mais j’étais très content, c’était tout nouveau pour moi. Je me souviens encore parfaitement de ma toute première photo, prise au bord du Guil, torrent alpin dévalant au pied de la forteresse de Château-Queyras.

Les années qui suivirent, je débutais "vraiment" la photo, équipé de mon premier reflex, un minolta X-300, en parcourant avec Jean-Marie les causses lozériens et les estives alpestres. C'était mes premières diapos et la macro n’avait pas de secret pour nous : nous inversions un zoom en le plaçant le plus près possible de la monture à baïonnette du boîtier et capturer en images de petites créatures ou les fleurs d'altitude devenait alors possible...

Mes balades avec les copains photographes m’ont aiguisé l’oeil et élargi le regard, souvent attiré vers les coins paumés, promesse de nature préservée et de beaux paysages. Mais quand l’on tourne autour du beau, le plus dur reste à faire pour le photographe : prendre LA photo. Celle qui diffuse toute l'émotion de la scène, celle qui donne de la lumière les jours de pluie, comme dirait Charlélie...

Car contempler le vol d’une raie manta, les baobabs des chutes d’Epupa ou la grâce d’un chevreuil, c’est irremplaçable...